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Tri des CV : quand l’IA préfère les résumés qu’elle a elle-même rédigés

Une IA peut-elle classer différemment deux CV présentant les mêmes compétences simplement parce qu’ils sont formulés autrement ? Cet article examine ce que mesure réellement le tri automatisé des candidatures et les contrôles à mettre en place.
Illustration du tri de CV par une IA dont le classement varie selon la formulation des candidatures

Tri des CV : quand la formulation influence le classement

En une phrase : quand une IA classe des CV, la vraie question est de savoir ce que le système évalue réellement : le parcours d'un candidat, ou la façon dont ce parcours est présenté.

Points clés

  • Un CV réécrit par une IA peut être mieux classé pour trois raisons. Le texte est plus clair, il correspond mieux à l'offre, ou le modèle qui évalue favorise ses propres textes.
  • Une étude observe cette auto-préférence en simulation. C'est une prépublication, menée sur des modèles de 2024, qui ne teste aucun logiciel du marché.
  • Un classement devient un filtre quand seuls les premiers dossiers sont lus. Le contrôle doit donc porter sur le classement lui-même, pas seulement sur la décision finale.
  • Gardez une question. Qu'est-ce qui a fait remonter ce CV ?

Quel problème pose le tri des CV par IA ?

Imaginez un candidat qui possède l'expérience recherchée. Son CV est correct, mais son texte de présentation, ces quelques lignes placées en tête, est assez simple. Il demande à une IA de le reformuler.

Son parcours n'a pas changé. Ses compétences non plus. Pourtant, son CV peut désormais être mieux classé par certains systèmes. Pourquoi ?

Une meilleure rédaction peut rendre un parcours plus facile à comprendre. Certains outils peuvent aussi rapprocher les termes d'un CV de ceux de l'offre. Et lorsqu'un modèle de langage évalue lui-même les candidatures, il peut favoriser des textes qui ressemblent à ceux qu'il produit.

Ces trois situations ne sont pas équivalentes. Pour les recruteurs comme pour les candidats, la question devient : qu'est-ce que le système est réellement en train d'évaluer ?

Que montre l'étude sur les CV réécrits par une IA ?

L'auto-préférence (self-preference bias) désigne ici la tendance d'un modèle de langage à favoriser un texte qu'il a lui-même produit, plutôt qu'un texte écrit par un humain ou par un autre modèle.

C'est la question posée par Jiannan Xu, Gujie Li et Jane Yi Jiang dans une étude consacrée à l'utilisation des modèles de langage dans la présélection de candidatures (version révisée en juin 2026). Les chercheurs ont repris 2 245 CV. Pour chacun, ils ont remplacé le texte de présentation (que l'étude appelle executive summary) par une version générée par une IA. Les autres rubriques restent identiques : elles servent à produire une version fidèle du même parcours. Ils ont ensuite demandé à des modèles de comparer les candidatures.

Pour plusieurs des grands modèles testés, le résultat est net. Pour un même parcours, ces derniers retiennent plus souvent leur propre texte de présentation que celui d'un humain. Dans une simulation de présélection sur 24 catégories de métiers (quatre places pour dix dossiers), les candidats dont le texte de présentation avait été généré par le modèle évaluateur avaient entre 23 % et 60 % de chances supplémentaires d'être retenus, selon le métier. L'écart est plus marqué dans des métiers comme la vente et la comptabilité.

D'autres travaux vont dans le même sens. Des travaux présentés à NeurIPS en 2024 montrent que certains modèles peuvent, dans certaines expériences, distinguer leurs propres textes de ceux d'autres modèles ou d'humains, et que cette capacité est liée à la préférence mesurée.

Cela ne veut pas dire que tous les outils de recrutement fonctionnent ainsi. L'étude est une prépublication : une version antérieure a été acceptée à deux conférences en 2025 (EAAMO et AIES), en format non archivé. C'est une simulation, pas une mesure d'embauches réelles. L'évaluation ne porte que sur ces textes de présentation, avec une consigne générale et sans poste précis. Les modèles testés (notamment GPT-4o, Llama 3.3 et DeepSeek-V3) datent de 2024. Les auteurs avancent que le phénomène pourrait tenir à la situation étudiée (une IA qui rédige, une IA qui évalue) plutôt qu'à un modèle précis. Leur étude ne permet toutefois pas de vérifier si l'effet se retrouve avec les modèles disponibles aujourd'hui. Elle ne dit rien non plus des logiciels RH actuellement commercialisés.

Pourquoi un CV réécrit par une IA peut-il être mieux classé ?

Lorsqu'un CV réécrit par une IA obtient un meilleur résultat, au moins trois explications sont possibles.

Scénario illustratif (il ne provient pas de l'étude). Deux candidats ont exactement la même expérience. Le premier écrit : « Gestion de plusieurs projets et organisation de réunions avec les différents services. » Le second utilise une IA qui reformule : « Pilotage de projets transverses, coordination des parties prenantes et organisation de comités de pilotage. »

Le parcours est identique. Pourtant, si l'offre contient les expressions « pilotage de projets », « coordination » et « parties prenantes », le second texte peut correspondre davantage à ce que recherche un système de mise en correspondance. Dans ce cas, le système n'a pas nécessairement « préféré un texte écrit par une IA ». Il a simplement trouvé davantage de correspondances entre le CV et l'offre.

Le texte est meilleur. Une étude de terrain menée auprès de près d'un demi-million de candidats a observé une hausse de 8 % de la probabilité d'embauche avec une aide algorithmique à l'écriture, sans baisse de satisfaction des employeurs. Une formulation plus claire peut aider un recruteur à mieux comprendre une expérience.

Le texte correspond mieux aux critères recherchés. Les auteurs de l'étude opposent les systèmes traditionnels, qui reposent notamment sur la correspondance de mots-clés, aux modèles de langage, qui peuvent prendre en compte davantage d'éléments du texte. Selon leur conception, certains outils peuvent donc rapprocher les compétences et les termes d'un CV de ceux de l'offre. Une IA générative peut rendre une compétence plus explicite, utiliser le vocabulaire courant d'un métier ou reprendre des termes de l'offre.

Le modèle qui évalue favorise ses propres textes. C'est l'auto-préférence étudiée par Xu, Li et Jiang.

Le résultat visible est le même : le CV réécrit remonte dans le classement. Les causes diffèrent, et les réponses aussi. Pour auditer un outil de recrutement, cette différence compte.

La question n'est donc pas seulement de savoir si une IA « aime » ses propres textes. Elle est aussi de savoir ce que mesure encore le système lorsque la manière de présenter un parcours a elle-même été optimisée pour être mieux comprise par une machine.

Une précision

Ces trois explications sont notre façon de mettre de l'ordre. Ce ne sont pas des catégories juridiques, et les études ne permettent pas de dire dans quelle proportion chacune joue dans un cas réel.

Quand un classement devient-il un filtre ?

Scénario illustratif (il ne provient pas de l'étude). Une entreprise reçoit cinquante candidatures pour un poste. Son logiciel les classe. Le recruteur commence par les dix premières. Faute de temps, il ne consulte pas les quarante autres.

Personne n'a officiellement décidé d'éliminer ces candidats. Pourtant, le classement a déterminé qui serait lu et qui ne le serait pas.

Le rôle d'un outil peut ainsi évoluer sans que personne ne le décide. Au départ, il aide à organiser les candidatures. Puis il influence l'ordre de lecture. Ensuite, seuls les premiers résultats sont consultés. Le classement devient un filtre.

Le problème n'est donc pas seulement l'automatisation. Il concerne aussi la place que l'on donne au résultat produit par le système.

La formulation peut-elle devenir une compétence cachée ?

Dans un recrutement, une formulation claire a évidemment son importance. Un recruteur doit pouvoir comprendre rapidement ce qu'une personne sait faire. Mais valoriser la capacité à expliquer son expérience n'est pas la même chose que donner, sans le vouloir, un avantage à certaines formulations parce qu'elles correspondent mieux au fonctionnement d'un système.

Prenons deux personnes capables d'occuper le même poste. L'une connaît les expressions utilisées par les recruteurs, maîtrise les outils d'IA et sait optimiser son CV. L'autre décrit exactement les mêmes compétences avec ses propres mots.

Si le système classe systématiquement la première plus haut, il faut pouvoir expliquer pourquoi. Plusieurs raisons sont possibles :

  • son expérience correspond davantage au poste ;
  • son CV est plus lisible ;
  • il contient davantage de mots-clés ;
  • son style ressemble davantage aux textes produits par le modèle chargé de l'évaluation ;
  • le système utilise un autre critère que personne n'a réellement examiné.

Ce sont cinq questions différentes.

La supervision humaine suffit-elle ?

Ajouter un humain à la fin du processus ne suffit pas toujours. Si le recruteur ne voit que les CV déjà sélectionnés ou classés par le système, il lui manque une partie de l'information nécessaire pour exercer réellement son jugement. Superviser suppose aussi de pouvoir comprendre ce que fait l'outil.

  • Pourquoi ce profil est-il premier ?
  • Pourquoi celui-ci est-il vingtième ?
  • Quels éléments ont pesé dans le classement ?
  • Une modification de formulation change-t-elle fortement le résultat ?
  • Un candidat qui présente la même expérience avec un vocabulaire différent obtient-il à peu près la même place ?

Ces questions sont simples à poser. Elles donnent beaucoup plus d'informations qu'un vague « notre IA est supervisée par des humains ».

Comment vérifier ce que mesure un outil de classement ?

Une organisation qui utilise un outil de classement peut réaliser un test élémentaire.

  1. Prendre un même parcours professionnel.
  2. Créer plusieurs textes de présentation qui disent réellement la même chose.
  3. Changer les mots, la structure et le style.
  4. Observer le classement.

Le résultat n'a pas besoin d'être parfaitement identique. Mais si une simple reformulation fait passer systématiquement un candidat du bas vers le haut de la liste, cela mérite une explication.

Ce test ne constitue ni un audit juridique ni une preuve de biais. Il permet de poser une bonne question : le système évalue-t-il principalement le parcours, ou la manière dont ce parcours lui est présenté ?

Que dit le cadre européen ?

Le règlement européen sur l'IA accorde une attention particulière aux systèmes utilisés pour le recrutement et la sélection des personnes.

Note réglementaire

Haut risque. L'annexe III du règlement sur l'IA range parmi les usages à haut risque les systèmes destinés au recrutement ou à la sélection de personnes, notamment pour analyser et filtrer les candidatures ou évaluer les candidats. Ces exigences s'appliquent à partir du 2 décembre 2027, après le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026, entré en vigueur le 27 juillet 2026. (Règlement (UE) 2024/1689, annexe III, point 4 ; calendrier fixé par le règlement (UE) 2026/1744.)

Une nuance. Figurer sur la liste ne veut pas dire que tous les outils du secteur sont à haut risque. Un outil qui se limite à une tâche simple ou préparatoire, comme convertir des CV en champs structurés sans noter ni classer les candidats, peut échapper à cette catégorie. Cette exception est étroite, et elle ne joue jamais si l'outil établit un profil des personnes. (Règlement (UE) 2024/1689, article 6, paragraphe 3.) Notre lecture : un outil qui classe les candidatures influence en pratique qui sera lu ; sa situation doit donc être examinée de près.

Supervision humaine. Si votre organisation utilise un système à haut risque, la loi ne demande pas seulement qu'un humain soit « quelque part ». Elle demande de confier la supervision à des personnes qui ont la compétence, la formation et l'autorité nécessaires, ainsi que le soutien voulu. (Règlement (UE) 2024/1689, article 26, paragraphe 2.)

Ce que le règlement ne dit pas. Le règlement fixe des exigences générales, comme la gestion des risques et la supervision humaine. Dans les passages examinés, il ne décrit pas de test qui consisterait à faire classer plusieurs présentations d'un même parcours, écrites avec des mots différents, pour vérifier que le classement ne change pas, et il ne nomme pas l'auto-préférence comme un risque. Ce test est une démarche de vigilance inspirée de l'étude, pas une obligation.

En France, la CNIL rappelle dans son guide du recrutement (janvier 2023) que la collecte de données sur les candidats ne peut poursuivre que deux finalités : apprécier leur capacité à occuper l'emploi proposé, et mesurer leurs aptitudes professionnelles. Elle précise aussi qu'un dispositif de classement engendrant des pratiques discriminatoires (liées à l'âge, au sexe, à l'origine, au handicap ou au lieu de résidence) n'est pas licite, et que le recours à des technologies innovantes pour évaluer les candidatures appelle une analyse approfondie des risques pour leurs droits.

Cela ne dit pas qu'une préférence de formulation serait illicite. Cela rappelle que le critère d'un classement doit se rattacher à ces finalités. Le RGPD encadre par ailleurs les décisions fondées exclusivement sur un traitement automatisé qui produisent des effets juridiques ou des effets significatifs (article 22, présenté par la CNIL). Savoir si un classement de présélection entre dans ce cadre dépend des circonstances.

La question n'est donc pas seulement : « L'outil fonctionne-t-il ? » Il faut aussi demander : « Sur quoi se fonde-t-il pour considérer qu'un candidat correspond mieux qu'un autre ? »

Comment faire le point en 15 minutes ?

Il ne s'agit pas de rejeter les outils de mise en correspondance ni l'IA dans le recrutement. Ils peuvent aider à traiter un volume important de candidatures et à repérer certains profils. Mais leur efficacité ne dispense pas de comprendre ce qu'ils mesurent.

Sept questions avant de faire confiance à un classement

Choisissez un usage précis, pas « l'IA » en général. Pour chaque question, notez : documenté, à préciser, ou non documenté / inconnu. Les questions à préciser ou inconnues sont celles à poser à votre fournisseur. Il n'y a pas de note globale : les points n'ont pas le même poids selon votre contexte.

  1. Que fait exactement le système ?
    Organise-t-il les candidatures, calcule-t-il une correspondance, établit-il un classement ou écarte-t-il certains dossiers ?
  2. Quels éléments influencent le résultat ?
    Expérience, compétences, mots-clés, formulation, localisation, diplôme ou autres critères ?
  3. Une reformulation du même parcours modifie-t-elle fortement le classement ?
    Le fournisseur devrait pouvoir documenter comment l'outil a été testé pour cet usage.
  4. Que deviennent les dossiers moins bien classés ?
    Sont-ils encore accessibles et consultés, ou écartés sans lecture ?
  5. Le recruteur peut-il comprendre et remettre en cause le résultat ?
    Un nom et un rôle, avec l'autorité d'agir et pas seulement de signaler.
  6. Les candidats sont-ils informés de l'usage de l'outil ?
    Avant de postuler, et dans des termes qu'ils peuvent comprendre.
  7. Que se passe-t-il quand l'usage change ?
    Un nouvel usage appelle de reprendre ces questions.

Une limite : ceci est un point de départ pour une conversation, pas un contrôle de conformité. Cet outil ne remplace ni un avis juridique, ni une analyse d'impact sur la protection des données, ni une revue technique, ni les règles propres à votre secteur. Beaucoup de réponses « à préciser » ne signifient pas que votre outil est dangereux. Elles signifient que des décisions sont encore prises par défaut.

Conclusion

L'étude part d'une situation désormais possible : une IA peut intervenir dans la rédaction d'un CV, et une autre dans son évaluation. Une IA peut aider un candidat à formuler son expérience d'une manière qu'un système de recrutement identifiera plus facilement. Si un modèle de langage intervient aussi dans l'évaluation, une autre question apparaît : favorise-t-il certaines caractéristiques de ses propres textes ?

Cela ne signifie pas nécessairement qu'il y a manipulation ou biais. Parfois, le candidat a simplement mieux expliqué ce qu'il sait faire. Parfois, son vocabulaire correspond davantage à celui de l'offre. Et parfois, comme le suggère l'étude dans un contexte expérimental précis, le modèle évaluateur présente une préférence pour ses propres formulations. Pour le tri des CV, il s'agit de ne pas confondre ces phénomènes.

Si un système influence l'accès à un entretien, il faut pouvoir répondre à une question simple : qu'est-ce qui a fait remonter ce CV ? L'expérience du candidat ? Ses compétences ? Les mots employés ? La manière dont une IA les a reformulés ? Ou les préférences du système qui les a évalués ?

Un bon outil de recrutement devrait aider à mieux voir les compétences. Il ne devrait pas transformer, à l'insu de tous, la maîtrise du langage des machines en compétence professionnelle supplémentaire.

Ces questions se posent dans votre équipe ?

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Pour les équipes RH et de recrutement, cela revient à examiner ce qui est délégué à l'IA, qui supervise, qui reste responsable, et comment les résultats d'un classement parviennent aux recruteurs. Disponible en français et en anglais.

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FAQ

Cette étude prouve-t-elle que les outils de recrutement discriminent ?

Non. Elle mesure, en simulation, une préférence des modèles pour leurs propres textes de présentation, pour un même parcours. Elle n'établit pas de discrimination envers un groupe protégé et ne teste aucun logiciel du marché.

Un CV rédigé avec une IA est-il favorisé ou pénalisé ?

Cela dépend. L'étude observe un avantage lorsque le texte de présentation a été généré par le même modèle que l'évaluateur. L'étude de terrain sur l'aide algorithmique à l'écriture a observé davantage d'embauches. Il n'existe pas de règle universelle, et l'étude ne démontre aucun avantage à choisir une marque d'IA précise.

Un recruteur qui intervient en fin de chaîne suffit-il ?

La présence d'un recruteur à la fin du processus ne dit rien, par elle-même, des dossiers qu'il n'a pas vus. Pour les systèmes à haut risque, le règlement demande de confier la supervision à des personnes ayant la compétence, la formation et l'autorité nécessaires. La qualification exacte d'une situation dépend des circonstances : cette réponse n'est pas un avis juridique.

Un outil de tri de candidatures est-il automatiquement à haut risque ?

Pas automatiquement, mais un outil qui classe ou filtre des candidatures est directement visé par la liste. Les systèmes destinés au recrutement et à la sélection, notamment pour filtrer les candidatures, figurent à l'annexe III du règlement sur l'IA. Une exception existe pour les outils qui se limitent à une tâche simple ou préparatoire, comme convertir des CV en champs structurés sans noter ni classer les candidats. Elle est étroite et ne joue jamais si l'outil établit un profil des personnes. Notre lecture : un outil qui classe les candidatures influence en pratique qui sera lu, donc sa situation doit être examinée de près, outil par outil. Les exigences correspondantes s'appliquent à partir du 2 décembre 2027.

Le test de reformulation est-il obligatoire ?

Non. Il consiste à faire classer plusieurs présentations d'un même parcours, écrites avec des mots différents, et à vérifier que le classement ne change pas. Les sources examinées ici ne le prescrivent pas. C'est une démarche de vigilance inspirée du protocole de l'étude, présentée comme une question à poser à un fournisseur.

Un candidat peut-il savoir comment il a été évalué ?

Selon la CNIL, un candidat peut demander l'accès aux données sur lesquelles le recruteur s'est fondé pour prendre une décision le concernant, y compris les évaluations pratiquées. La portée exacte pour un classement automatisé dépend des circonstances.

Cela concerne-t-il seulement les grandes entreprises ?

Non. Toute organisation qui reçoit beaucoup de candidatures et s'appuie sur un logiciel de recrutement peut se poser ces questions, y compris une PME. Ce que le droit exige dépend du contexte et de l'outil.

Sources et références

  1. Règlement (UE) 2024/1689 (règlement sur l'IA) : article 6, paragraphe 3 ; article 26, paragraphe 2 (supervision humaine confiée par les déployeurs) ; annexe III, point 4 (recrutement et sélection). Texte complet sur EUR-Lex.
  2. Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 (Digital Omnibus on AI), en vigueur depuis le 27 juillet 2026 : fixe au 2 décembre 2027 l'application des exigences relatives aux systèmes de l'annexe III. Texte au Journal officiel.
  3. Commission européenne, Cadre réglementaire sur l'IA, page consultée le 20 septembre 2026, et AI Act Service Desk, article 26, obligations des déployeurs.
  4. CNIL, Guide Recrutement : les fondamentaux en matière de protection des données personnelles, 30 janvier 2023 (fiches n° 1, 2, 4 et 7) : finalités admissibles du recrutement, classements discriminatoires, technologies innovantes, droit d'accès des candidats.
  5. CNIL, Profilage et décision entièrement automatisée, 29 mai 2018 : article 22 du RGPD.
  6. Jiannan Xu, Gujie Li, Jane Yi Jiang, AI Self-preferencing in Algorithmic Hiring: Empirical Evidence and Insights, arXiv, version 4, juin 2026. Prépublication : 2 245 CV, simulation de présélection sur 24 catégories de métiers.
  7. Arjun Panickssery, Samuel R. Bowman, Shi Feng, LLM Evaluators Recognize and Favor Their Own Generations, NeurIPS 2024.
  8. Emma Wiles (van Inwegen), Zanele Munyikwa, John J. Horton, Algorithmic Writing Assistance on Jobseekers' Resumes Increases Hires, Management Science, 2025 (prépublication arXiv, 2023) : aide algorithmique à l'écriture, près d'un demi-million de candidats.

Note de transparence : cet article a été co-rédigé avec l'assistance d'une IA générative, Claude et ChatGPT. L'illustration qui l'accompagne a également été générée avec l'IA. L'auteure a défini l'angle, sélectionné et relu les sources, remis en cause l'analyse et validé la version finale. Les suggestions produites par l'IA n'ont pas été traitées comme des preuves. Les affirmations juridiques renvoient aux textes officiels listés ci-dessus, et les résultats de recherche sont distingués de leur interprétation. L'étude sur les CV est une prépublication. Les scénarios et les exemples de reformulation sont illustratifs : ils décrivent des mécanismes possibles, pas le fonctionnement d'un outil ou d'un fournisseur particulier. Le test de reformulation et la vérification en sept points sont des démarches de vigilance proposées par Prompt & Pulse, pas des obligations légales ni des audits. Lorsque l'application d'une règle dépend de faits qu'un article ne peut connaître, l'article le dit plutôt que de deviner. La réglementation européenne évolue vite, y compris sur des dates déjà décalées : chaque date doit être revérifiée avant publication. Cet article ne constitue pas un avis juridique. L'auteure est spécialisée en éthique de l'IA, détection des biais et déploiement responsable pour les PME.